
Il
existe deux types de causes ou " étiologies ", comme
l'on dit en terme médical : l'origine
infectieuse et l'origine congénitale.
L'origine infectieuse
Elle est essentiellement due au rhumatisme articulaire aigu (RAA).
Les anciens livres de médecine disaient en parlant de cette
mystérieuse maladie : " elle lèche les articulations
et mord le cur "
Une angine, des douleurs dans les articulations et quelques années
plus tard de très graves atteintes des valves cardiaques :
ces valves, surtout la valve mitrale et la valve aortique vont devenir
trop étroites ou au contraire vont fuir en se refermant mal
: ce sont le rétrécissement mitral (RM), l'insuffisance
mitrale (IM), l'insuffisance aortique (IA) etc
Cette maladie,
due au streptocoque et à sa toxine, a pratiquement disparu
de nos pays développés mais fait encore d'énormes
ravages dans les pays en voie de développement. Plus d'hygiène,
et donc de meilleures conditions de vie, plus le traitement par antibiotiques
des angines permettraient de la faire quasiment disparaître.
L'origine congénitale
Précisons tout de suite : congénital ne veut pas dire
héréditaire. Ce n'est pas une transmission parentale,
mais une " malfaçon " qui s'est produite, au tout
début de la grossesse et dont, dans la grande majorité
des cas, nous ne retrouvons aucune cause.
Sa fréquence est plus grande que l'on ne s'imagine : 0,8 %
des naissances. Les malformations sont nombreuses. Nous ne les décrirons
pas en détail mais allons essayer de les regrouper par "familles"
et d'en expliquer la gravité et le pronostic.
Si vous voulez en savoir plus à la fin de votre lecture sur
la description des "malformations", je vous invite à
consulter le site suivant : http://www.e-cardiologie.com/maladies
. Il est très bien fait.
LES FAMILLES ANATOMIQUES :
3 types de lésions peuvent toucher un cur et ces lésions
peuvent s'associer par 2 ou 3 : cela nous permet déjà
d'entrevoir la diversité et le grand nombre des cardiopathies
congénitales.
1- Les communications anormales
Nous l'avons vu, le cur droit et le cur gauche sont complètement
séparés : les circuits sanguins sont de ce fait eux
aussi complètement séparés. S'il existe entre
ces deux curs une communication (anormale) un " trou ",
le sang va passer de l'un à l'autre, ce passage se faisant
selon le principe des vases communicants, c'est à dire de la
cavité où règne la pression la plus haute vers
celle où règne la pression la plus basse.
|
Ah ! J'ai oublié
de vous le dire !
dans nos deux ventricules, le droit (sang bleu) et le gauche
(sang rouge), les pressions ne sont pas les mêmes. Toutes
les pressions gauches sont plus élevées que les
droites (tout simplement parce que la " résistance
" systémique est plus élevée que la
résistance pulmonaire). Les pressions sont exprimées
en millimètres de mercure. |
Donc, le sang va passer de gauche à
droite, la communication siège entre les oreillettes (CIA =
communication inter-auriculaire), entre les ventricules (CIV = communication
interventriculaire), ou entre l'aorte et l'aorte pulmonaire (CA =
canal artériel)...
La conséquence est facile à comprendre : cela signifie
plus de sang dans le cur droit, donc plus de sang dans les poumons.
Le passage est d'autant plus important que le trou est plus grand.
La conséquence clinique pour l'enfant est un " engorgement
" des poumons d'où essoufflement. Si le passage du sang
que l'on appelle SHUNT est très important chez un enfant très
petit, celui-ci est pâle, amaigri, essoufflé et parfois
en défaillance cardiaque (gros foie).
Un très gros shunt provoque rapidement une hypertension artérielle
pulmonaire (HTAP). Dans ce cas, si le trou n'est pas fermé
avant l'âge de deux ans, l'enfant risque une atteinte définitive
et très grave de ses poumons.
2- Les rétrécissements ou sténoses
Ces rétrécissements peuvent siéger sur l'aorte
(COA = coarctation aortique), sur la valve aortique (RA = rétrécissement
aortique), sur la valve pulmonaire (RP = rétrécissement
pulmonaire)...
Parfois, ce rétrécissement touche toute une partie du
cur : cette partie du cur est ainsi gravement sous développée,
on dit "hypoplasique". Au pire, elle a quasiment disparu,
on dit alors "atrésique".
Il peut manquer l'un des deux gros vaisseaux (AO ou AP), il peut manquer
un ventricule, une valve
Ces malformations sont évidemment
gravissimes, citons les noms de quelques malformations : atrésie
de l'arche aortique, atrésie pulmonaire, atrésie mitrale,
atrésie tricuspidienne...
Ne nous attardons pas trop sur ces malformations graves et rares pour
parler un peu plus longuement de la maladie bleue :
Maladie bleue signifie CYANOSE. La cyanose (aspect bleuté des
ongles et des lèvres) survient lorsque le sang bleu passe dans
la grande circulation. C'est ce qui arrive par exemple lorsque s'associent
un rétrécissement pulmonaire et une communication interventriculaire
: c'est la tétralogie de Fallot, la plus fréquente des
maladies bleues de l'enfant.
Du fait du rétrécissement sur l'artère pulmonaire,
la pression en amont dans le ventricule droit s'élève.
Lorsque cette pression devient plus élevée à
droite qu'à gauche, le passage du sang à travers la
communication interventriculaire s'inverse et le sang bleu passe dans
la grande circulation.
3- Les malpositions
Ce sont aussi des malformations complexes : les rapports entre oreillettes-ventricules
et vaisseaux afférents ou efférents, sont anarchiques.
Par exemple, dans le cas de la transposition des gros vaisseaux, la
plus fréquente des malpositions, l'aorte sort du ventricule
droit et l'artère pulmonaire du ventricule gauche : il va sans
dire que là aussi il y a cyanose. Cette malformation représente
une urgence néonatale : il faut créer très rapidement
une communication entre les deux curs.
COMMENT REPARER ?
C'est un travail de plomberie : il faut fermer le
trou anormal, ouvrir le rétrécissement, rendre les valves
continentes et performantes, reposer correctement les vaisseaux anormalement
posés etc. etc.
Le seul problème est qu'il faut pour pratiquer ces réparations
rentrer dans le cur. Il faut donc l'arrêter et le vider
de son sang ! Situation non viable au delà de 2 à 3
minutes maximum.
Comment faire ? Soit diminuer, voir annuler pendant
un certain temps les besoins en oxygène de votre organisme
par l'hypothermie. Soit " remplacer " momentanément
le cur par une machine (la circulation extra-corporelle) qui,
pendant le temps nécessaire à l'intervention (de 1 à
3 heures), " pompera " et " oxygénera "
à sa place.
Le cur est ainsi courcicuité et peut être réparé
: c'est ce que l'on appelle " la chirurgie à cur
ouvert ".
Miracle de la nature, miracle de la chirurgie : réparé,
rempli de son sang, vidé de l'air qui avait pu s'y introduire,
réchauffé, le cur se remet à battre et
reprend son " travail", cette fois-ci pour de nombreuses
années.